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21 novembre 2018
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28 novembre 2018
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Réduction des déchets et recyclage des emballages en cosmétique 2/2

Dans un précédent article, nous avons abordé la réduction des déchets à la source et le caractère recyclable pas toujours recyclé des emballages en cosmétique. Aujourd’hui, nous allons parler de deux familles de packaging en particulier, celle du plastique et du verre. Ces deux catégories d’emballages sont-elles bien recyclées et comment cela se passe ? On vous amène dans les centres de tri. Nous ne sommes pas expertes de ces sujets mais nous avons appris au contact d’experts, aussi, on vous partage ce que l’on a retenu.

Zoom sur la filière du plastique, mauvaise élève du recyclage

La France est l’un des plus mauvais élèves de l’Europe pour le recyclage de ses déchets plastiques. Sur les 28 pays européens, elle se situe au 15e rang avec 65,7 % de valorisation des déchets plastiques. La valorisation inclut le recyclage et la valorisation énergétique par incinération. Pour le recyclage, la France est à la 25e place avec 22,2 % contre 31 % en moyenne en Europe.

En France, les emballages représentent environ 1/3 du plastique produit. Si l’on enlève les bouteilles et flacons, soit environ 480.000 tonnes, moins de 3% des emballages en plastique triés ont été effectivement recyclés en 2016. « En théorie, certains déchets plastiques pourraient être traités mais dans les faits, ils ne le sont pas. », indique Adeline Trégouët, rédactrice en chef déléguée du magazine 60 millions de consommateurs, responsable du hors-série.

Toutes les formes, les matériaux et les tailles ne sont pas logés à la même enseigne en terme de recyclage. En effet, les emballages en plastique ne sont pas tous dans les consignes de tri nationales : seuls les bouteilles et flacons le sont depuis 1993.

Recyclable, oui mais…

Comme dit précédemment, un emballage sera d’autant plus recyclable qu’il sera mono-matériau pour ne pas « perturber » le recyclable. Par exemple, les flacons en plastique qui possèdent un ressort en métal complexifient le recyclage. Les emballages issus de matières premières renouvelables comme l’amidon de maïs perturbent également le recyclage et sont soumis à des malus de la part de Citéo. C’est le cas des bouteilles de la marque Yumi de jus bio. C’est un peu scandaleux qu’une marque qui fait de gros efforts pour être plus éco-responsable se voit attribuer un malus faute de filière bien équipée…

Par ailleurs, les emballages de petites tailles pour certains types de matériaux ne sont pas pris en charge par les filières classiques de recyclage. Cas du PP dans les flacons airless qui doivent avoir une taille supérieure à du A5 soit du 200 ml pour être parfaitement recyclables.

Tous les emballages en plastique ne sont pas encore collectés et triés en France !

Selon Citéo, il existe plusieurs phases d’amélioration avant d’atteindre 100% de la population française :

  • 2011-2014, 1ère phase d’extension des consignes de tri à tous les emballages en plastique : 3 millions de français concernés,
  • 2014-2016, 2e phase d’extension des consignes de tri à tous les emballages en plastique : 15 millions de Français concernés. Une quarantaine de centres de tri modernisés,
  • Depuis fin 2016, 25 % de la population française est concernée ; le déploiement à l’ensemble de la population, au regard de la loi de transition énergétique, doit être effectif en 2022.
  • OBJECTIF 2022 : 100 % de la population. 

En savoir +

Selon Novéthic, 100 % de plastiques recyclés en 2025 est un objectif irréaliste. Lire la suite

Pour améliorer le recyclage, le ministère de la Transition écologique et solidaire envisage de mettre en place un système de caution pour inciter les consommateurs à rapporter leurs emballages. La consigne varierait entre 5 et 25 centimes», a précisé Brune Poirson, secrétaire d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire. Bonne idée !

Quels emballages sont effectivement recyclés ?

A partir du moment où un emballage est trié et non “refusé”, il va être recyclé. Voici une liste des emballages plastiques qui le sont en théorie, car ici on ne parle pas de taille :

On voit bien ici que le plastique PP utilisés pour nos emballages n’a pas encore de consigne de tri.

Zoom sur la filière du verre, mieux recyclé mais très énergivore

Le taux de recyclage du verre en France en 2016 était de 76,1 % (selon l’ADEME, 86 % selon les chiffres d’Éco-emballages en 2016) soit plus de 3 bouteilles sur 4, contre 58,7 % fin 2010 : quelle belle progression.

80 % de la collecte du verre provient de l’apport volontaire, 20 %  du tri sélectif ou en porte à porte. Il existe toutefois une marge de progression si l’on considère la déperdition énergétique qu’il occasionne.

Le verre trié par le consommateur est à nouveau trié en centre de recyclage car tous les déchets de type « verre » ne sont pas recyclables.

Tous les éléments en métal sont séparés par tri mécanique et un tri optique permet d’éliminer les éléments non transparents (via un rayon infrarouge). Un souffleur retire les éléments trop légers (bouchons et étiquettes). Le verre est ensuite broyé. Contrairement à d’autres pays, en France, on collecte tous les verres sans distinction de couleur, ainsi on ne peut faire que du verre coloré avec le verre recyclé. Selon ConsoGloble.

Laver des bouteilles en verre et les réutiliser nécessite 4 fois moins d’énergie que de les recycler, d’où la consigne qui est de retour.

“Quand la bouteille parcourt moins de 300 km, la laver consomme 4 fois moins d’énergie que le recyclage”, explique Bastien Vigneron, chargé de mission sur la consigne au sein de l’association Écoscience Provence et animateur du Réseau Consigne, qui fédère depuis 2012 les entreprises, les associations et les collectivités qui militent en faveur de la consigne.

Verre versus plastique en cosmétique, lequel est le plus écologique ?

Comme nous le disions en préambule, lorsque nous avons créé notre ligne de soins, nous avons été accompagnées par une société experte en éco-socio-conception, pour faire des choix éclairés avec le moins d’impact environnemental (et un impact social positif). Cette étude a révélé que le verre aurait un impact écologique plus important que le plastique dans le cas de notre ligne de soins. Ah bon et pourquoi ? Nous aussi, cela nous a surpris ! Pour comprendre les raisons, il faut appréhender un produit dans un emballage en verre sur l’ensemble de son cycle de vie comme ci-dessous. On vous explique de manière la plus synthétique et on compte les bons points du verre versus le plastique.

 

  • Choix des matières premières : le verre est constitué majoritairement de sable (de calcaire et d’autres matières premières minérales), 2ème matière première en voix de disparition après le pétrole qui constitue la totalité des emballages en plastique, et un peu de métal pour certaines pompes à usage cosmétique. Il faut donc plus de matières pour le verre que le plastique : verre 0, plastique 1,

Le verre n’induit pas de transfert de matières dans un produit cosmétique, ce qui n’est pas le cas de tous les emballages en plastique, le verre l’emporte : verre 1, plastique 1,

  • Fabrication : le verre est plus énergivore à fabriquer (plus d’émissions CO2) : verre 1, plastique 2,
  • Transport : le verre est plus lourd à transporter donc il occasionne plus de consommation de carburant et plus d’émissions CO: verre 1, plastique 3,
  • Transport / Utilisation : le verre se casse facilement quand le plastique est très résistant, aussi il a plus de chance d’être cassé pendant le transport et l’utilisation que son confrère, il faut donc le remplacer et réinjecter du verre dans la boucle du cycle de vie du produit : verre 1, plastique 4,

C’est la fin de vie qui est très importante, il existe plusieurs possibilités :

  • Recyclage des emballages : Le verre est plus énergivore à recycler que le plastique. En effet, le verre doit être fondu à 1500°C et le processus dure 24 heures mais le taux de recyclage du verre est meilleur : verre 2, plastique 5,
  • Quand le verre est recyclable à 100 % et à l’infini, le plastique à 3 vies possibles : verre 3, plastique 5,
  • Pas de recyclage et incinération : l’incinération du verre est plus énergivore que celle du plastique : verre 3, plastique 6,
  • Autre option, la réutilisation des flacons : on peut laver le verre ou le plastique. Quand le verre parcourt moins de 300 km, le laver consomme 4 fois moins d’énergie que le recyclage mais il faut prendre en compte, le transport occasionné pour récupérer le verre depuis l’utilisateur jusqu’au centre de lavage. Nous n’avons pas de chiffre pour le plastique, on compte un bon point de plus pour le verre : verre 4, plastique 6.

Enfin, lorsque ces deux types d’emballages ne sont pas collectés et triés, ils se retrouvent dans la nature : le verre est moins bien biodégradable (durée de 4000 ans) que le plastique (durée de 400 ans) : verre 4, plastique 7.

Dès lors que l’on choisit un emballage airless pour bien préserver une formule cosmétique, ce qui a été notre cas pour des produits 100% vivants et efficaces*, la re-utilisation se corse. On vous en parle après.

un emballage qui est ouvert matin et soir par un(e) utilisateur/trice engendre une qualité bien moindre du produit qui s’oxyde plus vite.

A cela s’ajoute, le mode de distribution d’une marque, aux particuliers au quatre coin du monde, aux professionnels…pour le risque de casse et de flacons à re-injecter dans la boucle.

Ainsi, d’un point de vue bilan écologique, le plastique l’emporte sur le verre mais d’un point de vue santé, il est bat à plat de couture le plastique. Tous les plastiques ne sont pas égaux, voici la liste de ceux qui sont suspectés être potentiellement néfastes :

En savoir +

Pourquoi nous avons choisi des emballages en plastique ?

Accompagnées par notre agence experte en éco-socio-conception, nous avons été conseillée pour choisir le plastique afin de diminuer notre impact environnemental. Pour avoir un impact social positif au niveau du caractère inoffensif, nous avons fait le choix d’un packaging ne présentant pas de risque avéré de transfert de matière contenant-contenu, soit la catégorie de plastique N°5.

Puis nous avons comparé tous les emballages airless européens pour protéger nos formules 100% d’origine végétale formulées à froid. Nous avons sélectionné le plus léger, bel et bien recyclable, ne contenant pas de pièce métallique pour ne pas perturber le recyclage, et ne délivrant pas une dose de produit excessive pour offrir la juste dose utile…

Seulement voilà, nous avons ensuite appris qu’il n’existait pas de filière de recyclage régie par CITEO, adaptée à leur taille en France. Comme vu précédemment, il faut une taille > 200ml pour ce type de flacon. Gloups. Que faire ?

Notre démarche de recyclage, objectif zéro déchet

Aussi, nous avons mis en place notre propre système de collecte de nos flacons usagés. Nous les collectons grâce à nos distributeurs (ou à d’autres partenaires) et les recyclons via TERRACYCLE, entreprise en partenariat avec des filières spécifiques privées du PP, en France/UK, pour leur donner une seconde vie de type mobilier de jardin, jouets.

Il s’agit d’upcycling, terme désignant l’action de récupérer des matériaux ou des produits dont on a plus l’usage (c’est le cas de nos flacons airless qui sont scellés et ne peuvent pas être re-remplis*) afin de les revaloriser. On recycle donc « par le haut », en produisant des objets dont la qualité est supérieure au matériau d’origine.

  • Pourquoi ne pas les re-utiliser ? Nous avons fait le choix d’emballage airless pour protéger nos formules 100% d’origine végétale formulées à froid comme dit précédemment, qui sont scellés et ne peuvent pas être désolidarisés puis re-remplis.

Aujourd’hui, nous avons installés + de 70 points de collecte, un peu partout en France. Aidez-nous à en trouver d’autre et surtout, ramenez vos flacons vides, vous ferez des enfants heureux !

Sources : Citéo, Valorplast, Cotrep, Ministère de la transition écologique et solidaire, Novethic, Verre Avenir, Consoglobe.

Développée par Carole Marchais, cosmétologue spécialisée en éco-création, Les Happycuriennes est la première ligne de soins et sérums holistiques bio & vegan anti-stress cutanés 360°, co-créée par sa communauté de 700 femmes (une première mondiale). Cette joyeuse marque propose de vivre au rythme du slow bonheur avec un rituel de beauté minimaliste et complice avec la peau. Elle célèbre le vrai “Made in France” avec des plantes natives des terroirs du Sud-Ouest et prône une beauté positive, éloignée des diktats de la beauté parfaite. Bref, le bonheur à fleur de peau.

Carole Marchais
Carole Marchais
Chimiste, Cosmétologue, Fondatrice du Blog Génération Cosméthique

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