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Les ingrédients perturbateurs endocriniens à éviter dans les cosmétiques

On ne parle que de ces créatures aux noms barbares qui font partie intégrante de notre quotidien, depuis la salle de bain jusqu’à la cuisine en passant par le séjour et les chambres. On les nomme des perturbateurs endocriniens, on leur reproche leur caractère nocif sur la santé humaine lié à leur structure et à leur effet cocktail. Sujet sacrément perturbant quand on sait que les produits de beauté en contiennent pléthores. Mais au fait, la cosmétique, ce n’est pas fait pour prendre soin de soi ? Zoom sur ces molécules utilisées dans les produits cosmétiques et qui font couler beaucoup d’encre…

C’est quoi un perturbateur endocrinien ?

Définition simple et rapide

Les perturbateurs endocriniens sont connues pour leur capacité à interférer avec le système endocrinien de l’organisme, qui régule la production et la libération d’hormones essentielles. Ces substances peuvent imiter, bloquer ou altérer les actions naturelles de ces hormones, avec pour conséquences, un impact sur divers aspects de la santé, y compris le développement, la reproduction et le métabolisme.

Définition plus détaillée

La définition exacte d’un perturbateur endocrinien fait débat. Encore aujourd’hui, que ce soit au niveau international et national, nous n’avons pas réussi à trouver une définition qui fasse l’unanimité. La faute à qui ? Aux lobbies…La définition proposée par l’Organisation mondiale de la santé en 2002 est la plus communément admise :

Un perturbateur endocrinien potentiel est une substance ou un mélange exogène, possédant  des propriétés susceptibles d’induire une perturbation endocrinienne dans un organisme intact, chez ses descendants ou au sein de (sous)- populations. Cette catégorie est divisée en deux sous-catégories : la catégorie 2a pour les perturbateurs endocriniens suspectés et la catégorie 2b pour les perturbateurs endocriniens pour les substances possédant des indications de propriétés de perturbation endocrinienne.” C’est assez clair comme définition, non ?

Parmi les substances suspectées d’être des perturbateurs endocriniens : le bisphénol A, les phtalates, les composés bromés, …

Selon Génération Cobayes et diverses sources que nous avons assemblées, un perturbateur endocrinien (PE) est une molécule étrangère à l’organisme, d’origine synthétique (produits issus de l’industrie chimique) ou naturelle (hormones et phytoestrogènes), dont la structure est proche de celle d’une hormone.

Dès lors qu’on l’ingère et qu’il se retrouve dans notre corps, il peut potentiellement interférer avec le système hormonal (glandes endocrines, organes responsables de la sécrétion des hormones et de la construction des tissus cérébraux), dit aussi système endocrinien. Cette action peut se faire de différentes manières :

  • Le perturbateur endocrinien peut imiter l’action d’une hormone naturelle, mais à une concentration ou à un moment inapproprié pour le fonctionnement du corps, et entrainer ainsi la réponse due à cette hormone,
  • Il peut diminuer ou bloquer l’action d’une hormone, par ex l’empêcher de se fixer à son récepteur et ainsi empêcher la transmission du signal hormonal,
  • Enfin la substance peut perturber la production ou la régulation des hormones ou de leurs récepteurs.

Le perturbateur endocrinien engendre ainsi des effets délétères sur l’organisme ou sur celui de ses descendants. On leur reproche de jouer un rôle dans l’apparition de cancers hormonaux-dépendants (cancer du sein, de l’utérus, de la prostate et des testicules), obésité et diabète, troubles de développement (autisme, hyperactivité, diminution du quotient intellectuel).

Cependant, les effets des PE sur la santé humaine restent difficiles à affirmer en raison de nombreuses interrogations sur leurs mécanismes d’action, la multiplicité des substances concernées et des voies d’exposition, l’exposition à de faibles doses, dans la durée ou à des périodes critiques du développement (gestation, lactation, puberté, par exemple).

Quelles sont les sources d’exposition aux perturbateurs endocriniens ?

Les principales sources d’exposition aux perturbateurs endocriniens sont l’eau, l’alimentation (via les résidus de pesticides), l’air et pléthores de produits industriels que l’on utilise tous les jours dans notre quotidien, produits cosmétiques, médicaments, vêtements, meubles, emballages, contenants alimentaires, poussière, produits phytosanitaires, etc. Les molécules incriminées sont : bisphénol A (BPA), phtalates, retardateurs de flamme bromés (BFRs), perchlorates… Selon la communauté scientifique, nous sommes exposés à des doses variables de centaines de ces substances chimiques dans notre vie quotidienne.

C’est d’ailleurs le fait d’être régulièrement en contact avec de nombreux produits du quotidien en contenant, l’effet cocktail, qui engendre les problématiques de santé liées à ces molécules perturbantes

Les problématiques liés aux PE dans les cosmétiques ?

L’exposition chronique et l’effet cocktail

Comme vu précédemment, l’utilisation régulière, voire quotidienne de produits cosmétiques contenant des perturbateurs endocriniens (couplée à d’autres produits du quotidien)entraîne une exposition chronique à ces substances, appelée effet cocktail. Cette exposition prolongée peut augmenter le risque d’effets indésirables sur la santé.

Les effets potentiels sur la santé

Comme déjà vu, les perturbateurs endocriniens sont associés à plusieurs problèmes de santé, tels que les troubles hormonaux, les problèmes de fertilité, les anomalies de développement, les cancers hormono-dépendants, les troubles métaboliques et plus encore.

Une réglementation non uniforme

Les réglementations relatives aux perturbateurs endocriniens varient d’un pays à l’autre. Certaines juridictions ont adopté des règlements stricts pour restreindre ou interdire l’utilisation de certains perturbateurs endocriniens dans les produits cosmétiques, tandis que d’autres régions peuvent avoir des normes moins strictes.

Par exemple, Santé Canada a mis en place des restrictions sur certaines substances perturbatrices endocriniennes dans les produits cosmétiques. Le Japon impose des restrictions sur l’utilisation de certaines substances potentiellement problématiques. En Australie et en Nouvelle-Zélande, il existe également des réglementations qui permettent de restreindre ou d’interdire l’utilisation de certaines substances perturbatrices endocriniennes dans les produits cosmétiques.

Pas d’étiquetage, pas d’info sur les produits

Dans certaines régions, les fabricants de produits cosmétiques peuvent être tenus d’indiquer la présence de certains ingrédients potentiellement perturbateurs endocriniens sur les étiquettes des produits. Cependant, l’étiquetage complet et transparent n’est pas toujours la norme partout.

Faire un choix éclairé

Pour minimiser l’exposition aux perturbateurs endocriniens, il est recommandé de faire des choix éclairés en matière de produits cosmétiques. Pour ce faire, lisez attentivement les étiquettes, évitez les produits contenant les ingrédients potentiellement problématiques que l’on va énumérer plus bas, et privilégiez les produits naturels et biologiques au maximum. Les cahiers des charges bio interdisent les perturbateurs endocriniens connus en cosmétique.

Les différents perturbateurs endocriniens dans les cosmétiques

Voici quelques exemples d’ingrédients souvent considérés comme perturbateurs endocriniens ou ayant des propriétés similaires dans les produits cosmétiques :

Famille Chimique ou nom INCIUsage Cosmétique
Noms INCI à tracker
Dans quelles catégories de produits cosmétiques ?

Alkylphénols

Emulsifiants
Octylphénol, nonylphénol (interdits), éthylphénol, amylphénol
 Colorations capillaires, produits coiffants, nettoyants pour le visage ou le corps, shampooings

Benzophenone

Filtre solaireBenzophenone-1 ; Benzophenone-2 ; Benzophenone-3 ; 4,4-dihydroxybenzophenoneProduits solaires

Butyl hydroxy

Antioxydant BHA  (Butylhydroxytoluene) – BHT (Butylhydroxyanisol)
 Tous les types de produits cosmétiques

Phtalate

 Solvant Dibutyl phtalate Vernis à ongles

Cinnamate et dérivés camphrés

Filtres solaires4-methylbenzylidene camphor (4-MBC) • 3-benzylidene camphre (3-BC) • Méthoxycinnamate d’éthylhexyle • Octyl-méthoxycinnamate (OMC) • Octocrylene (OC) • Acide para-aminobenzoïque (PABA) • Padimate O • Octyl salicylate • Ethylhexyl methoxycinnamateProduits solaires

Libérateurs de formaldéhydes

 Conservateurs Phenoxyethanol Tous les types de produits cosmétiques

Parabens

ConservateursButylparaben • Propylparaben • Sodium butylparaben • Sodium propylparaben • Potassium butylparaben • Potassium propylparabenTous les types de produits cosmétiques

Silicones / Siloxanes

Agents de toucherCyclopentasiloxane, Cyclomethicone Tous les types de soins, maquillage

Triclosan

Antibactérientriclosan Les produits nettoyants, gel alcoolique pour les mains

Les BHA & BHT sont des ingrédients suspectés d’être des perturbateurs endocriniens et peuvent produire des réactions allergiques dans la peau,

• Les Benzophenones, Benzophenone-1 • Benzophenone-2 • Benzophenone-3 (ou oxybenzone) sont des filtres solaires suspectés d’être des perturbateurs endocriniens en imitant les hormones, avec une faible activité œstrogénique in vitro, et ils sont allergènes,

• L’Ethylhexyl methoxycinnamate : xe filtre solaire est considéré comme un perturbateur endocrinien. Selon l’association l’UFC Que Choisir, « les recherches sur cet ingrédient ont démontré in vivo une perturbation des œstrogènes et de la fonction thyroïdienne”,

Éthoxylates de nonylphénol (NPE) : Les NPE sont utilisés dans certains produits de nettoyage et produits cosmétiques. Ils sont préoccupants en raison de leur potentiel de perturbation endocrinienne et de leur persistance dans l’environnement,

Formaldéhyde et libérateurs de formaldéhyde : Certains produits capillaires et produits de soins peuvent contenir du formaldéhyde ou des libérateurs de formaldéhyde, souvent utilisés pour leurs propriétés conservatrices et suspectés d’être des PE irritants, de surcroît,

Les parabens : ce sont des conservateurs couramment utilisés dans les produits cosmétiques pour assurer leur conservation et ainsi prolonger leur durée de vie. Ils ont été associés à des effets perturbateurs endocriniens en raison de leur capacité à imiter les hormones.

Ceux qui possèdent une chaîne courte (ethylparaben et methylparaben) et leurs dérivés comme le sodium ethylparaben, ne font plus partie des conservateurs indésirables selon les experts français et européens,

Ceux à longue chaîne, considérés comme les plus nocifs et interdits depuis 2014 : isobutyl, isopropyl, benzyl, pentyl, phenylparaben. Concernant les enfants de moins de 3 ans, propyl et butylparaben sont interdits dans les produit non rincés destinés à être utilisés dans la zone du siège (nettoyants, lingettes, crèmes) mais on en trouve encore dans des lingettes supposées être utilisées sur le visage ou les mains,

Les butylparaben et propylparaben sont encore autorisés (ainsi que les ingrédients dérivés contenant ce nom et l’un de ces mots « sodium » ou « potassium ») alors qu’ils sont considérés comme des perturbateurs endocriniens. L’association l’UFC Que Choisir propose un moyen mnémotechnique pour s’en souvenir : ceux qui commencent par P ou B ne sont tout simplement « Pas Bons » !

• Les phtalates sont des plastifiants utilisés dans certains produits cosmétiques, tels que les vernis à ongles et les parfums. Ils sont considérés comme perturbateurs endocriniens potentiels en raison de leur impact sur le système hormonal,

• Les silicones de type siloxanes, cyclopentasiloxane & cyclotetrasiloxane sont considérées comme des perturbateurs endocriniens. Ce sont des ingrédients utilisés dans les produits cosmétiques pour améliorer la texture et la sensation. Certains siloxanes, comme le cyclotétrasiloxane (D4) et le cyclotétrasiloxane (D5), ont été identifiés comme perturbateurs endocriniens potentiels. Le cyclotetrasiloxane est classé toxique pour la reproduction.

Le triclosan est un ingrédient antibactérien utilisé dans les produits de soins personnels comme les savons antibactériens. Il est suspecté d’être un perturbateur endocrinien qui agirait non seulement sur les hormones œstrogènes, mais aussi sur la fonction thyroïdienne. Le triclosan peut avoir des effets perturbateurs endocriniens mais aussi environnementaux. Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a interdit l’utilisation du triclosan dans les savons antibactériens.

UFC Que choisir et les perturbateurs endocriniens dans les cosmétiques

En 2016, l’association UFC Que Choisir a analysé 185 produits cosmétiques et a conclu que 101 d’entre eux contenait des perturbateurs endocriniens

En 2017, sur 419 cosmétiques analysés par l’association UFC Que Choisir épingle, dont la plupart sont des marques très (re)connues et utilisées, certains composants ou familles de composants indésirables ont été trouvés.

En 2023, ils sont analysés quelques 71 203 produits et classé les substances selon 8 grands univers : les déodorants et parfums, le maquillage, les produits solaires, les soins du corps, les produits d’hygiène dentaire, les produits pour bébés et enfants, les soins des cheveux et les soins du visage. Chaque segment regroupe les produits cosmétiques dans lesquels ils ont repéré une ou plusieurs substances à risque. Irritants, allergènes, perturbateurs endocriniens.

Les principales inquiétudes étaient liées à la présence des perturbateurs endocriniens et des allergènes dans ces produits du quotidien, parfois destinés aux bébés.

Lire les rapports de UFC Que Choisir

Où en est la législation sur les perturbateurs endocriniens ?

Selon Le Monde, une étude et un rapport publiés mardi 7 mars 2017 pointent du doigt les perturbateurs endocriniens et leurs impacts sur la croissance du cerveau. La première, parue dans la revue Scientific Reports, a été menée par une équipe de chercheurs du laboratoire Evolution des régulations endocriniennes (Muséum national d’histoire naturelle-CNRS). Le second a été rédigé par plusieurs experts à la demande de l’association caritative britannique CHEM Trust.

Aux dernières nouvelles, l’UE a pris des mesures importantes pour réglementer les perturbateurs endocriniens. Elle a adopté le Règlement sur les produits biocides (BPR) et le Règlement sur les produits phytopharmaceutiques (PPR), qui incluent des critères spécifiques pour l’identification des perturbateurs endocriniens. De plus, le Règlement sur les produits cosmétiques interdit l’utilisation de certaines substances perturbatrices endocriniennes dans les produits cosmétiques, à moins qu’elles ne soient soumises à des restrictions spécifiques.

Aller plus loin sur la règlementation des perturbateurs endocriniens.

Nos sources

http://www.generationscobayes.org/je-minforme/les-perturbateurs-endocriniens-0

https://www.anses.fr/fr/content/perturbateurs-endocriniens-1

http://www.cancer-environnement.fr/274-Perturbateurs-endocriniens.ce.aspx#Les_perturbateurs_endocriniens_:_d_finition_et_probl_matique

http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/03/07/les-perturbateurs-endocriniens-une-menace-pour-le-developpement-du-cerveau_5090679_3244.html

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Carole Marchais Experte Cosmetologie Peau Heureuse
A propos de l’autrice

Développée par Carole Marchais, éco-cosmétologue consciente, Les Happycuriennes est la 1ère ligne de dermo-soins holististes bio & vegan aux heureuses plantes botaniques de notre Douce France, co-créée par sa communauté de 700 femmes (une première mondiale). Sa mission, apporter une solution à toutes les humeurs de peau et tous les désordres cutanés. Cette joyeuse marque propose de vivre au rythme du slow bonheur avec un rituel de beauté minimaliste et complice avec la peau. Elle célèbre le vrai “Made in France” avec des plantes natives des terroirs du Sud-Ouest et prône une beauté positive, éloignée des diktats de la beauté parfaite. 

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