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La Norme ISO 16128 sur la cosmétique bio encourage le greenwashing !

Les dessous de la norme ISO 16128 sur la cosmétique naturelle et bio

Chères Happycuriennes et chers Happycuriens,

Je prends aujourd’hui ma plume pour vous parler d’un sujet qui me tient à coeur, la cosmétique naturelle et bio, et dont les dernières nouvelles ne sont pas très happy . Je vais m’adresser à vous en tant que Carole, la consommatrice (ou l’ancienne blogueuse) révoltée par ces nouveautés que je m’apprête à vous dévoiler et parallèlement, Carole, la cosmétologue et fondatrice des Happycuriennes, profondément indignée ! Cette facheuse news se prénomme la norme ISO 16128. Avec un tel nom, on s’attend à une « règlementation » sérieuse et rassurante mais que néni ! En théorie, une norme est née pour donner un cadre internationnal aux ingrédients et aux produits naturels et bio de la cosmétique. En pratique, cette norme va encourager les langues de bois dans l’univers du bio et notamment les grands groupes de cosmétique à continuer leur greenwashing ! Je vous explique.

Le contexte de la création de la norme ISO 16128

A l’origine de cette norme, une absence de définition officielle de la cosmétique naturelle & bio. Se sont alors réunis 28 pays européeens pour échanger sur le sujet afin de trouver un socle commun pour une décision internationale. Les membres de l’ISO - représentés par les délégations nationales  –  se sont réunis 2 fois par an pour discuter des calculs et définitions. Des votes informatiques sont été réalisés pour valider les différentes étapes du projet global.

Cosmos, Cosmébio et Ecocert dont Les Happycuriennes arborent fièrement les labels étaient présents dans le groupe de travail de la norme. Ecocert explique dans leur communiqué de presse qu’il s’est systématiquement opposé aux propositions jugées contraires ou trop éloignées des valeurs intrinsèques à l’agriculture biologique et regrette que certaines de ces dispositions aient malgré tout été adoptées et publiées dans la norme.

 

Dans le communiqué de presse de Cosmébio, on apprend qu » il y avait une surreprésentation de la cosmétique conventionnelle dans la délégation française« , a souligné Romain Ruth. « Il faut savoir que l’accès aux discussions est payant, ce qui limite la représentation des petits acteurs. Cosmébio, Ecocert ou Cosmos étaient aussi représentés et nous avons essayé de participer le plus sainement possible pour pousser dans le sens d’une cosmétique naturelle claire et non-trompeuse, mais on a dû claquer la porte à un moment parce qu’on a considéré qu’il n’y avait pas d’écoute des acteurs historiques du bio par les représentants du conventionnel« .

« L’idée initiale d’harmonisation était bonne« , a ajouté Pierre Charlier de Chily, qui a participé pour Cosmébio aux discussions de l’ISO. « Mais l’ISO, normalement, consiste à essayer de se mettre d’accord sur les meilleures pratiques existantes de l’industrie. Or, ça a été pris à l’envers : on aurait dû partir de nous, de ce qui se fait en Europe. Mais là, ce n’est pas ce qui a été fait« .

Vous l’aurez donc compris Cosmébio, Ecocert ou Cosmos* ont quitté la table de négociation face à l’orientation que prenait la norme.

Selon CosmeticOBS-L’Observatoire des Cosmétiques, dans une interview accordée à Anne Dux, représentante de la FEBEA dans ces discussions, a expliqué : « Les labels bio français voulaient qu’on adopte leur cahier des charges. Mais ils ne représentent qu’une partie de l’existant européen. Or, une norme est un consensus entre toutes les régions du monde, et certaines régions du monde ou certaines parties prenantes en Europe ne voulaient pas de leur référentiel« .

Le 29 septembre 2017, un collectif d’associations (Générations Futures, Génération Cobayes, WECF, Les Naturalistas et surtout Cosmébio), ont organisé une conférence de presse pour informer des confusions et des dérives potentielles de la norme ISO 16128, « une boîte de Pandore derrière laquelle se cache peut être une tromperie généralisée au niveau mondial« , selon les termes de Romain Ruth, Président de Cosmébio.

La définition de la cosmétique naturelle et bio avant la norme ISO 16128

En 2006, alors que je rédigeais mon premier mémoire sur la cosmétique naturelle et bio, je m’interrogeais à l’époque sur l’absence de définition officielle de cette forme de cosmétique. On a bien donné une définition officielle à un produit cosmétique qui fait partie de la législation cosmétique européenne, alors pourquoi la cosmétique naturelle et bio était laissée pour compte ?

Pour ma part, j’ai toujours défini la cosmétique bio comme une forme de cosmétique sensée et intelligente pour la planète et les Hommes, mais aussi pour notre peau, en célébrant le vivant. Voici la définition que j’en donnais à l’époque et qui ne m’a pas quittée depuis. Un cosmétique bio est un produit qui contient une « majorité » d’ingrédients en provenance de la nature (végétal, minéral, animal sauf s’il est vegan) et notamment de substances végétales (huiles végétales, beurres végétaux, eaux florales, extraits végétaux) issues de l’agriculture biologique. Mais que signifie « une majorité » ?  Jusqu’à présent ce vide législatif était comblé par les chartes des organisations bio tels que Cosmébio, Nature & Progrès, Natrue, BDIH…certifiés par des organismes indépendants tels que Ecocert, Bureau Veritas, qui imposent des % précis d’ingrédients naturels (ou d’origine naturelle) et des % précis issus de l’agriculture biologique, dans un cahier des charges que les marques respectent à la lettre, si elles veulent pouvoir arborer fièrement leur label aux couleurs vertes.

Mais ça, c’était avant, c’était la bonne époque ! Aujourd’hui, on a de nouvelles règles, de nouvelles définitions, qui émanent du lobbying de la cosmétique conventionnelle d’une décision internationale.

Pour Cosmébio, un produit cosmétique bio est définit comme tel :

Avec la norme ISO 16128, un produit cosmétique bio ressemble à cela, soit à tout et n’importe quoi :

Je pourrai m’arrêter là car j’ai dit à peu près l’essentiel sur cette arnaque verte mais pour les plus curieuses d’entre vous, je vais rentrer un peu dans les détails, histoire que vos poils s’hérissent davantage 😉

Le contenu de la norme ISO 16128 et ses critères pervers

La norme ISO 16128 comprend deux thématiques :

> La première concerne la définition des ingrédients et les critères obligatoires pour qu’un ingrédient soit revendiqué « biologique », « dérivé biologique », « naturel » et « dérivé naturel ».

> Le deuxième volet détaille les modes de calculs pour établir les indices de naturel et/ou de biologique des ingrédients, à partir desquels sont calculés les pourcentages de naturel et de biologique d’un produit fini.

Dans le CP d’Ecocert, les représentants de la cosmétique biologique labellisée dénoncent une norme faite « par et pour » l’industrie conventionnelle, destinée à lui permettre d’investir ce marché très prometteur plus facilement, en faisant du « naturel au rabais » ainsi que « les nombreuses portes dérobées qui permettent de mettre à peu près tout ce qu’on veut dans un produit présenté comme naturel« .
Voici les critères du naturel au rabais, là c’est même des soldes en mode « destosckage, tout doit disparaitre » … Oui c’est bien cela, tout doit disparaitre, toutes les contraintes s’envolent…
Asseyez-vous bien, j’énonce les faits :

 

Une norme qui n’impose rien. Aucun pourcentage minimum d’ingrédient issu de l’agriculture biologique n’est requit dans les produits biologiques selon cette norme : un vrai scandale selon Les Happycuriennes qui s’étonne déjà qu’un produit puisse être actuellement estempillé bio avec seulement 20% d’ingrédient bio….

 

• La porte est ouverte aux OGM. Des ingrédients issus de végétaux OGM pourront être qualifiés d’« ingrédient naturel » dans certaines régions du monde, ces derniers représentent aujourd’hui une partie non négligeable des composants de la cosmétique conventionnelle. « Par rapport à nos valeurs, nous ne pouvons pas accepter un ingrédient issu d’OGM dans les produits labellisés Cosmébio« , a rappelé Pierre Charlier de Chily, « mais il pourra être compté dans les ingrédients d’origine naturelle dans des produits conformes à la norme ISO ! » La FEBEA soulignait que « les OGM ne sont autorisés que dans les régions du monde qui les permettent. Par conséquent, ils ne sont pas autorisés dans l’Union Européenne« . Cette règle s’applique aussi bien pour les produits fabriqués hors Europe, qui ne peuvent pas y être importés s’ils contiennent des OGM.

 

• Entrée en fanfare de la pétrochimie et des ingrédients ayant recours à un processus de transformation polluant. Les substances pétrochimiques telles que parabènes, silicones, phénoxyéthanol, solvants pétrochimiques…sont autorisées dans la composition de tous les produits (y compris ceux avec un indice de naturalité ou d’origine biologique) : une vraie absurdité pour Les Happycuriennes qui militent contre ces ingrédients indésirables pour la santé et la planète !
Pour laisser la porte ouverte à ces substances, voilà ce qui a été dit à travers un exemple : une huile de silicone fabriquée à partir de 70 % de sable naturel peut être créditée d’un indice d’origine naturel de 0,7.Pour Romain Ruth de Cosmebio, « Il est complètement contre-intuitif pour un consommateur de considérer que les silicones peuvent être des ingrédients naturels !« .
Honteux ! Une provenance du sable crédite la matière première donc il en sera de même pour tout ingrédient originaire du célèbre et naturel pétrole…
Autre exemple, l’alcool dénaturé, c’est à dire coupé avec une substance synthétique pour le rendre inbuvable dans certaines régions où l’on est prêt à tout pour avoir sa dose quotidienne d’alcool (c’est pour cette raison que l’alcool des parfums est dénaturé). « Comment un alcool dénaturé, éventuellement avec du diethyl phthalate, peut-il être incorporé dans un produit dit naturel ?« , s’indigne Cosmébio. « Les dénaturants de l’alcool sont autorisés lorsqu’ils sont obligatoires pour des raisons fiscales« , explique la FEBEA.

 

•  Les ingrédients issus de dérivés d’animaux morts sont autorisés : squalène de requin, huiles de poissons ou de phoques…On aura donc des faux produits bio et des faux produits vegan ! C’est quoi les soins vegan ? On vous l’explique dans une série de 3 articles sur notre happy blog.

 

Un indice de naturalité trompeur. L’instauration d’un mode de calcul d’indices de naturalité et d’origine biologique pouvant entraîner la confusion quant à la teneur en ingrédients bio et / ou naturels d’un produit. Ce mode de calcul permettra par exemple de calculer un indice d’origine naturelle ou bio sur un produit, alors qu’aucun des ingrédients n’est réellement naturel ou certifié bio.
Pour comprendre la différence entre les produits naturels et les produits d’origine naturelle, je vous avais concocté un article sur le sujet, si cela peut vous aider à y voir plus clair.

Ecocert déclarait dans son CP, « Aujourd’hui, dans de nombreux pays, ce sont des cahiers des charges privés exigeants associés à des certifications non moins exigeantes qui ont permis de gagner la confiance des consommateurs sur les cosmétiques naturels et bio. C’est un travail de longue haleine porté par des équipes d’experts qui a contribué à l’émergence de la cosmétique bio un peu partout dans le monde. Dans ce contexte de confiance établie, il serait contre-productif et dommageable de laisser penser au consommateur qu’un produit indiquant 20% de bio et 80% d’ingrédients issus d’OGM ou de la pétrochimie, sans aucune garantie de respect de l’environnement, puisse se revendiquer comme étant bio. Même si en Europe, le risque de confusion semble faible, il n’en est pas de même dans les pays hors Europe où les cahiers des charges sont inexistants et où le consommateur est moins sensibilisé à ces problématiques», souligne Valérie Lemaire, Directrice Générale d’ECOCERT Greenlife. »

En conclusion, désormais le greenwashing est autorisé et normé à l’échelle internationale, les grands groupes vont s’en donner à coeur joie alors que pour l’ensemble de l’industrie bio, cette norme nous fend le coeur ! Soyez donc vigilantes lors de vos achats : regardez si le produit est labellisé, surtout lisez bien les listes INCI et posez des questions aux marques !

Le label choisi par Les Happycuriennes : Cosmebio certifié par Ecocert

 

Chez Les Happycuiennes, nous allons plus loin que la charte imposée puisque nos soins contiennent un minimum de 75% d’ingrédients bio ET locaux pour du vrai made in France, ils sont éco-socio-conçus, dépourvu d’huile de palme et ses dérivés, et nos flacons usagés sont collectés pour être VRAIMENT recyclés. Découvrez notre démarche globale d’économie circulaire.

 

* Les cinq membres fondateurs de COSMOS (COSMetic Organic Standard, une norme privée à échelle européenne) sont Ecocert Greenlife SAS (organisme de certification indépendant, leader mondial de la certification en agriculture biologique et cosmétique biologique), le BDIH (association fédérale allemande des entreprises commerciales et industrielles pour les médicaments, les produits diététiques, les compléments alimentaires et les soins corporels), Cosmebio (association professionnelle française de cosmétique écologique et biologique), Soil Association (association de consommateurs au Royaume-Uni) et ICEA (le principal organisme de certification indépendant de cosmétiques naturels (cosmétiques organiques, bio cosmétiques, éco-cosmétiques) en Italie.

Développée par Carole Marchais, cosmétologue spécialisée en éco-création, Les Happycuriennes est la première ligne de soins et sérums holistiques bio & vegan anti-stress cutanés 360°, co-créée par sa communauté de 700 femmes (une première mondiale). Cette joyeuse marque propose de vivre au rythme du slow bonheur avec un rituel de beauté minimaliste et complice avec la peau. Elle célèbre le vrai “Made in France” avec des plantes natives des terroirs du Sud-Ouest et prône une beauté positive, éloignée des diktats de la beauté parfaite. Bref, le bonheur à fleur de peau.

Sources

L’Oberservatoire des Cosmétique

Cosmebio

Ecocert 

Carole Marchais
Carole Marchais
Chimiste, Cosmétologue, Fondatrice du Blog Génération Cosméthique

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